Bien choisir son appareil photo

mercredi 27 juillet 2005
par  Daniel Plaquin
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Ce qu’il faut savoir pour bien choisir son appareil photo numérique.



La résolution est au cœur d’une véritable guerre que se livrent les constructeurs d’appareils photo : c’est à celui qui ira le plus haut.
Mais cette valeur ne signifie pas grand-chose si elle n’est pas rattachée aux autres caractéristiques du capteur, notamment sa taille.

Contrairement à l’idée communément admise, la taille du capteur n’est pas le joli chiffre fièrement arboré par le constructeur. Il n’a même souvent plus grand-chose à voir. Il ne s’agit là, au mieux, que du nombre de pixels que va comporter la plus grosse image possible. En effet, les capteurs CCD (Charge-coupled device) présents dans les appareils photo numériques sont constitués de cellules photosensibles (photosites, photodiodes ou photo-élements) chargées de capter la lumière. Le nombre de "pixels" exprimé en millions de pixels (mégapixels, "MPixels") constitue une indication sur le nombre d’informations qui vont être captées puis stockées par l’appareil. De ce nombre découle la taille de l’agrandissement maximal que vous allez pouvoir obtenir : un 10x15 cm avec un 2 mégapixels, un 13x18 cm avec un 3 mégapixels et un 15x21 avec un 4 mégapixels. C’est en tout cas ce que nous disent les mathématiques. Si une image doit être imprimée en 300 ppp (points par pouce en français dans le texte) et qu’un pouce correspond à 2,54 cm alors le nombre de pixels est : (300 x largeur de l’image/2,54) x (300 x Longueur de l’image/2,54).

Souvent, seule la résolution est clairement indiquée. Car là réside le nerf de la guerre : la qualité de l’image, et plus exactement sa définition. Ces dimensions sont valables pour des tirages dont la qualité reste très proche de celle de la photo argentique. Rien ne vous empêche de faire plus grand, en gardant ces résolutions, si ce n’est une perte de qualité de votre tirage. Une perte de qualité provenant du simple fait qu’il y aura toujours la même quantité d’informations dans votre fichier. C’est le même nombre de pixels qui constituent la trame de l’impression, mais ceux-ci sont placés sur une surface plus grande. Une perte que l’on qualifie en argentique de piqué. L’image est moins nette, moins bien définie. On en a tous fait l’expérience.

Ainsi, à première vue, la qualité d’une image dépendrait du nombre de mégapixels puisque les détails restitués par un grand nombre de photosites sont plus importants. De la même manière, ce problème de définition existe en photographie argentique lorsque l’on change de format. En effet, le 24x36 (en mm) offrant une moins grande surface sensible que le 6x6 (en cm), il fournit moins de grains d’argent pour l’image. Ce qui, au final, contribue à limiter la taille de l’agrandissement sous peine de voir le même phénomène de flou se produire.

Car ce qui était valable en analogique le reste en numérique. Si la qualité de l’objectif joue sur le rendu final d’un négatif ou d’un fichier, la taille du capteur et donc la surface sensible, influence directement la qualité de l’image. Les photosites étant disposés à la surface du capteur, il semble évident que la taille de l’un défini celle de l’autre. Il semblerait donc tout aussi évident que la taille des capteurs augmente avec une hausse du nombre de pixels. Eh bien non ! La réalité est toute autre. Plus le capteur est grand, mieux il prend la lumière

Prenons quelques exemples chez Canon. Comparons un appareil quadrimégapixel tel que le Powershot A85 dont la taille de capteur indiqué sur la fiche technique est de 1/2,7 pouce et un autre affichant une résolution de 5 millions de pixels, comme le Powershot S50 ayant pour taille de capteur 1/1,8 pouce, tout semble aller pour le mieux : le plus gros capteur pour le plus grand nombre de pixels.
En effet, 1/2,7" est une des différentes tailles de capteurs exprimées en pouce, et puisqu’il s’agit d’un rapport (d’une division), plus le chiffre du bas est grand plus le capteur est petit. Le Canon Digital Ixus 430 affiche également une résolution de 4 millions de pixels, mais son capteur est plus grand : 1/1,8". Il est équivalent à celui du Powershot S50. Il faut donc bien qu’à un moment il y ait eu réduction de l’espace pris par les photosites, et donc une diminution de leur taille pour en faire rentrer plus sur une surface identique.

À résolution équivalente, le plus gros capteur l’emporte.

On assiste en fait à l’heure actuelle à deux courses qui, en terme de rendu, vont dans des sens opposés. En effet, alors que le nombre de pixels ne cesse d’augmenter, nous permettant ainsi de disposer de plus d’informations, la taille des capteurs elle connaît une évolution inverse, obligeant ainsi les constructeurs à miniaturiser également les photosites. Et c’est précisément là que le bât blesse. En effet, plus le photosite est petit, moins il est sensible à la lumière, et plus il va générer de bruit, notamment dans les basses lumières. Cela génère une image moins bien définie et donc une impression de moins bonne qualité. Si cet effet de grain, également présent lors d’expositions longues ou d’augmentation de la sensibilité ISO, peut être plus ou moins corrigé par le logiciel embarqué, il semble plus judicieux d’éviter d’avoir à en passer par là. Notons également que cette miniaturisation des photosites a pour fâcheux inconvénient d’impliquer, si on veut obtenir un résultat qualitativement équivalent, une amélioration de la qualité optique. Car plus le photosite est petit, plus l’objectif doit être performant pour le distinguer.

Enfin pour finir, si, par exemple, le Nikon Coolpix 4300 et le Canon Powershot A85 offrent tous les deux une résolution de 4 millions de pixels, la taille du capteur devient un élément clé permettant de faire un choix pertinent. Le Nikon a une taille de capteur de 1/1,8", son rival le Canon bénéficie lui d’un capteur de 1/2,7". Ce qui rend le premier plus apte à nous fournir des images de bonne qualité, et constitue donc un sérieux critère de choix.